Le jour où Simon avait vu Geneviève au cimetière et l'avait suivie, celle-ci, en rentrant chez elle, s'occupa aussitôt des petites commandes survenues en son absence; elle s'apprêtait pour descendre au Temple, faire la petite tournée qu'elle faisait chaque jour chez ses clientes, prenant les commissions pour le lendemain… On frappa à la porte. Une ouvrière alla ouvrir. Un commissionnaire entra, tenant une lettre à la main.
—Mme veuve Davenne?
—C'est ici, dit l'ouvrière, voulant lui prendre la lettre.
Mais le commissionnaire recula aussitôt sa main en disant:
—Je dois la remettre à Mme Davenne en personne.
Geneviève était dans sa chambre, se coiffant; on alla lui répéter ce que le Savoyard avait dit; elle vint aussitôt et, gênée de la curiosité maligne qu'attachaient les ouvrières à la lettre recommandée, elle dit haut:
-C'est moi qui suis Mme veuve Davenne… Que voulez-vous?
—Madame, c'est une lettre.
—Je ne connais personne, en dehors de mes clients, qui puisse m'adresser des lettres.
Les ouvrières paraissaient travailler avec ardeur, la tête baissée; elles échangeaient des regards en souriant.