—Madame, il y a une réponse.

Geneviève ouvrit la lettre; elle tenait à ce que ses ouvrières en vissent autant qu'elle, ne voulant pas prêter à la médisance… A peine eut-elle jeté les yeux sur les quelques lignes qu'elle contenait qu'elle devint d'une pâleur livide. Toutes les ouvrières la regardaient; mais, en voyant le changement de son visage, elles ne riaient plus: elles se regardaient avec inquiétude.

Et Geneviève se soutenait à l'établi, tant ce qu'elle avait lu l'avait frappée… La lettre disait:

«Si vous êtes la veuve de Pierre Davenne, un ami vous demande de fixer un jour et une heure pour vous voir…, où vous voudrez… Il vous dira où est votre enfant… Il veut vous voir seule.

Donnez une réponse écrite au porteur, qui devra devant vous la mettre sous enveloppe.

UN AMI.»

Haletante, suffoquée par l'émotion, Geneviève ne trouvait pas un mot à dire… A un moment, ses yeux se fermèrent et elle devint si pâle, si pâle, que les ouvrières, émues à leur tour, se levèrent pour la soutenir. Il était temps!… ils la firent asseoir sur une chaise et l'entourèrent. Le commissionnaire, étourdi, regardait la scène, étonné d'avoir apporté une nouvelle capable de faire un tel bouleversement. Les ouvrières, secourant leur patronne, disaient:

—Madame, qu'avez-vous?… C'est un malheur?

—C'est donc bien terrible… Madame, du courage!…

—Quel malheur vous arrive encore, pauvre madame! Du courage.