—Écoute, Geneviève, je viens ici sur un plan arrêté, voulu; il n'y a nulle puissance humaine qui puisse changer ma volonté… Je veux, entends-tu, que le passé revive… Je veux être ici chez moi… et j'y ramènerai ton enfant… qui sera notre enfant!

—Oh! taisez-vous…, exclama Geneviève, montrant le grand portrait de
Pierre; au nom de votre victime…, taisez-vous…

Fernand releva la tête; il regarda le portrait et, les dents serrées, la haine dans le regard, il dit:

—C'est pour lui que je veux ça… Oui, je veux qu'il me voie à sa place, entends-tu, Geneviève? A sa place, entre sa femme et son enfant.

—Malheureux! taisez-vous…

Fernand prit brutalement la main de Geneviève et, l'attirant vers lui, la prenant dans ses bras, regarda le portrait et dit:

—Tu vois…, ta femme, c'est la mienne!

Geneviève, épouvantée, se débattait, disant: Il est fou! Fernand la tenait dans ses bras et l'embrassant, il disait:

—Ne sois donc pas sotte, Geneviève… Aimons-nous…, c'est une douce façon de nous venger de celui qui nous a frappés…

—Laissez-moi, laissez-moi, exclamait Geneviève, s'arrachant de ses bras, essuyant de ses mains la place où ses lèvres s'étaient posées, et courant à la fenêtre qu'elle ouvrit en disant: