—Parce que… Espère!… espère!… j'ai mon idée. Quand on veut prendre du pesson (jamais Simon n'aurait dit poisson), il faut aller la veille au soir amorcer, faire sa place, et le lendemain on n'a plus qu'à se baisser pour en prendre… Eh bien, c'est ce que je veux faire, je vais aller me conduire dans le quartier, je vas me régaler dans les cafés autour de la maison, et je saurai ce qu'est le concierge; ça fait que demain au matin, à l'heure où il nettoie le bord, je vais lui offrir une consolation et je lui fais dire tout ce que je veux…

—Tu n'es pas fatigué de ta journée?…

—Fatigué!… On est solide, mon lieutenant…

—Fais ce que tu voudras…

—Espère! espère! Demain à votre réveil je suis au rapport…

Pierre congédia Simon, et celui-ci, content de lui, heureux de voir la tournure que prenaient les choses, de voir son maître s'occuper enfin de Geneviève, descendit joyeux; il rencontra le nègre dans l'escalier et lui dit en lui tendant sa petite boîte:

—Dis donc, Rissolé, veux-tu une pastille?

Et, emplissant sa large bouche, il éclata de rire, pendant que le nègre se sauvait effrayé poursuivi par Simon qui le rejoignit dans la cuisine, et le matelot, haussant les épaules, lui dit:

—Tu es comme les singes, toi, tu aimes les sucreries… Si tu crois que c'est avec ça que tu t'éclairciras le teint!… Allons, vilain, mets-toi en face de moi. Catherine, servez-nous le dîner!…

Et il obligea le nègre à s'asseoir, pendant que la servante servait le dîner… Le nègre allait porter une bouchée à sa bouche…; le matelot lui arrêta la main et lui dit: