—Il le savait alors; il a fait jouer cette comédie. Je vous l'ai affirmé, je vous l'affirme encore, ce n'était qu'une comédie… Iza est toujours l'honnête enfant que vous avez connue. Le matin de ce jour, elle voulait retourner près de vous; il l'en a empêchée… Où la garde-t-il? Je l'ignore.

—Nous nous occuperons bientôt d'elle, la pauvre enfant… Mais où voulez-vous en venir?…

—Je vous rappelle tout cela pour vous demander si votre désir de vengeance sera satisfait lorsqu'il aura donné à sa femme la part qui lui revient…

Fernand leva les yeux; son regard sombre interrogea le sauvage.

—Quelle vengeance m'offrez-vous donc?

—Je vous ai dit, fit sournoisement le vieux sauvage, que je faisais de la médecine secrète…

—Eh bien!…

—Eh bien… si la procédure ayant établi les droits de Mme Davenne, son mari venait à mourir, c'est elle qui hérite de lui, comme usufruitière de son enfant mineure… Et alors nous sommes complètement vengés… Il vous voulait pauvre, il vous fait riche; il vous voulait condamné, perdu, et il meurt…

C'est à la suite de cette double causerie que la visite à Geneviève avait été décidée. Rig avait trouvé son adresse en deux jours; il avait été chez le commissaire-priseur qui avait fait la vente. Le soir, il avait les renseignements nécessaires… et Fernand envoyait porter la lettre que nous connaissons…

On a vu que le vieux Rig avait un peu modifié son rôle dans son récit.