Geneviève ne quittait pas son regard; elle vit sa physionomie changer d'expression; elle sentit ses mains écrasées comme dans un étau… Elle jeta un cri en se sentant prendre; puis, violemment rejetée sur le divan, elle retomba muette, effrayée… et elle vit Fernand qui tenait dans ses mains le revolver qu'elle avait acheté…
—Ah! tu ne venais pas avec de bien aimables intentions; tu avais acheté cette arme et tu étais assez naïve pour croire que je ne le savais pas; depuis deux jours je ne fais qu'observer tous tes mouvements…
—J'avais acheté cette arme parce que je suis résolue à mourir plutôt qu'à accepter vos indignes propositions.
—Il est trop tard, ma belle amie. Il ne fallait pas commettre l'imprudence de venir.
—Je ne veux pas vous croire aussi misérable!
—Tu dis des niaiseries… Je veux, entends-tu, pour un but que je poursuis, je veux que tu deviennes ce que tu étais autrefois… Ici, tout est fermé, la maison est gardée, tu es chez moi, et demain je veux que tu t'y éveilles chez toi…
Geneviève avait regardé autour d'elle, cherchant une issue, mais elle se vit enfermée. Elle eut peur, voyant sur une selle de sculpteur, parmi des ébauchoirs, un couteau, elle se précipita pour le prendre, mais Fernand la saisit dans ses bras et il l'embrassa.
—Tu es folle, répéta-t-il; je te dis que tu es à moi…
—Lâche! laissez-moi! Et elle s'arracha de ses bras et courut vers la fenêtre; elle la secouait pour l'ouvrir.
—Renonce encore à cela, le volet est fermé par une traverse en dehors.