- Chapitre I.—Pourquoi les peuples démocratiques montrent un amour plus ardent et plus durable pour l'égalité que pour la liberté. [185]
- Chapitre II.—De l'individualisme dans les pays démocratiques. [195]
- Chapitre III.—Comment l'individualisme est plus grand au sortir d'une révolution démocratique qu'à une autre époque. [201]
- Chapitre IV.—Comment les Américains combattent l'individualisme par des institutions libres. [205]
- Chapitre V.—De l'usage que les Américains font de l'association dans la vie civile. [213]
- Chapitre VI.—Du rapport des associations et des journaux. [223]
- Chapitre VII.—Rapport des associations civiles et des associations politiques. [231]
- Chapitre VIII.—Comment les Américains combattent l'individualisme par la doctrine de l'intérêt bien entendu. [243]
- Chapitre IX.—Comment les Américains appliquent la doctrine de l'intérêt bien entendu en matière de religion. [251]
- Chapitre X.—Du goût du bien-être matériel en Amérique. [257]
- Chapitre XI.—Des effets particuliers que produit l'amour des jouissances matérielles dans les siècles démocratiques. [263]
- Chapitre XII.—Pourquoi certains Américains font voir un spiritualisme si exalté. [269]
- Chapitre XIII.—Pourquoi les Américains se montrent si inquiets au milieu de leur bien-être. [273]
- Chapitre XIV.—Comment le goût des jouissances matérielles s'unit chez les Américains à l'amour de la liberté et au soin des affaires publiques. [281]
- Chapitre XV.—Comment les croyances religieuses détournent de temps en temps l'âme des Américains vers les jouissances immatérielles. [289]
- Chapitre XVI.—Comment l'amour excessif du bien-être peut nuire au bien-être. [299]
- Chapitre XVII.—Comment, dans les temps d'égalité et de doute, il importe de reculer l'objet des actions humaines. [303]
- Chapitre XVIII.—Pourquoi, chez les Américains, toutes les professions honnêtes sont réputées honorables. [309]
- Chapitre XIX.—Ce qui fait pencher presque tous les Américains vers les professions industrielles. [313]
- Chapitre XX.—Comment l'aristocratie pourrait sortir de l'industrie. [321]
FIN DE LA TABLE.
Note 1: Dans toutes les religions il y a des cérémonies qui sont inhérentes à la substance même de la croyance et auxquelles il faut bien se garder de rien changer. Cela se voit particulièrement dans le catholicisme où souvent la forme et le fond sont si étroitement unis qu'ils ne font qu'un.[Retour au texte principal]
Note 2: Tout ceci est surtout vrai des pays aristocratiques, qui ont été longtemps et paisiblement soumis au pouvoir d'un roi.
Quand la liberté règne dans une aristocratie, les hautes classes sont sans cesse obligées de se servir des basses; et, en s'en servant, elles s'en rapprochent. Cela fait souvent pénétrer quelque chose de l'esprit démocratique dans leur sein. Il se développe, d'ailleurs, chez un corps privilégié qui gouverne une énergie et une habitude d'entreprise, un goût du mouvement et du bruit, qui ne peuvent manquer d'influer sur tous les travaux littéraires.[Retour au texte principal]
Note 3: Je dis un peuple démocratique. L'administration peut être très décentralisée chez un peuple aristocratique, sans que le besoin des journaux se fasse sentir, parce que les pouvoirs locaux sont alors dans les mains d'un très petit nombre d'hommes qui agissent isolément ou qui se connaissent et peuvent aisément se voir et s'entendre.[Retour au texte principal]
Note 4: Cela est surtout vrai lorsque c'est le pouvoir exécutif qui est chargé de permettre ou de défendre les associations suivant sa volonté arbitraire.
Quand la loi se borne à prohiber certaines associations et laisse aux tribunaux le soin de punir ceux qui désobéissent, le mal est bien moins grand; chaque citoyen sait alors à peu près d'avance sur quoi compter; il se juge en quelque sorte lui-même avant ses juges, et s'écartant des associations défendues, il se livre aux associations permises. C'est ainsi que tous les peuples libres ont toujours compris qu'on pouvait restreindre le droit d'association. Mais s'il arrivait que le législateur chargeât un homme de démêler d'avance quelles sont les associations dangereuses et utiles, et le laissât libre de détruire toutes les associations dans leur germe ou de les laisser naître, personne ne pouvant plus prévoir d'avance dans quel cas on peut s'associer, et dans quel autre il faut s'en abstenir, l'esprit d'association serait entièrement frappé d'inertie. La première de ces deux lois n'attaque que certaines associations, la seconde s'adresse à la société elle-même et la blesse. Je conçois qu'un gouvernement régulier ait recours à la première, mais je ne reconnais à aucun gouvernement le droit de porter la seconde.[Retour au texte principal]
Note 5: On a remarqué plusieurs fois que les industriels et les commerçants étaient possédés du goût immodéré des jouissances matérielles, et on a accusé de cela le commerce et l'industrie, je crois qu'ici on a pris l'effet pour la cause.
Ce n'est pas le commerce et l'industrie qui suggèrent le goût des jouissances matérielles aux hommes, mais plutôt ce goût qui porte les hommes vers les carrières industrielles et commerçantes, où ils espèrent se satisfaire plus complétement et plus vite.