Ils s'embrassèrent encore, et Quaterquem monta dans la frégate avec sa femme. Avant de prendre son essor:
«Madame, dit-il à Sita, je viendrai le 15 mars à Bhagavapour vous chercher, et je vous emmènerai dans mon île, que vous ne connaissez pas. Corcoran, qui sera, je l'espère, débarrassé de toute inquiétude, et qui aura fait sa paix avec lord Braddock, nous accompagnera. Alice va organiser sa maison en conséquence et chercher une femme de chambre. Adieu, cher et ambitieux maharajah. Tu as pris un chemin de traverse pour arriver au bonheur; mais l'expérience te rendra sage. Adieu.»
La frégate s'enleva dans les airs et se dirigea vers l'Orient.
Corcoran, tout pensif, serra sa femme et Rama sur son coeur, monta à cheval avec son escorte et courut au galop dans la direction de l'armée anglaise.
XXII
A cheval! Mac Farlane! à cheval!
Pendant deux jours et deux nuits, il galopa presque sans relâche, grâce aux relais qu'il avait fait disposer sur toutes les routes. Son escorte harassée l'avait abandonné tout entière après dix-huit heures d'une course effrénée. Corcoran, sans s'étonner, galopait toujours, ne s'arrêtant que pour changer de cheval, manger un morceau de pain et repartant tout de suite.
Vers le matin du troisième jour, il rencontra enfin les fuyards de sa propre armée. Tout couvert de sueur et de poussière, mais fier et intrépide comme on l'avait toujours vu, il les rallia dès les premiers mots.
Un officier supérieur galopait sans l'écouter. Corcoran le saisit au collet, et le retournant de l'autre côté: