«Mes amis, dit-il d'une voix sonore, voilà comment il faut battre les Anglais. Courez sur eux, sabre ou baïonnette en avant, sans tirer, et Vichnou et Siva vous donneront la victoire... Au reste, tout n'est pas fini; mais c'est assez pour aujourd'hui.»
Il eut soin de placer lui-même les postes avancés. Puis, se tournant vers Louison qui le regardait fixement et qui attendait un mot d'amitié:
«Entre nous, ma belle, dit-il, c'est à la vie et à la mort. Et toi aussi, Garamagrif, grand batailleur, tu seras mon ami, si tu veux; mais ne va plus chercher querelle à Scindiah.»
Il rentra alors dans sa tente, où d'autres soins l'appelaient. Louison et Garamagrif s'étendirent à l'entrée comme deux factionnaires chargés de veiller à la sûreté du maharajah, et personne assurément ne fut tenté de violer la consigne sans nécessité.
XXIII
Sir John Spalding.
Le lendemain, dès trois heures du matin, Corcoran fit reprendre les armes à ses troupes et continua la poursuite.
La route était jonchée d'armes, de chevaux et de cavaliers tués et dépouillés. Presque toute la cavalerie anglaise était détruite ou dispersée. Un petit nombre seulement avait pu rejoindre Spalding, qui accourait à marches forcées pour recueillir les fuyards.