XXVII

Des traîtres! Toujours des traîtres!

La nuit sauva Corcoran et Louison. La cavalerie anglaise, craignant quelque piége, n'osa les poursuivre hors de l'enceinte de son propre camp, et le maharajah s'empara d'un cheval qui était attaché à un piquet des grand'gardes. En un clin d'oeil il se mit en selle, et partit au galop.

Louison resta quelque temps indécise. Elle voulait venger son cher Garamagrif, elle voulait suivre Corcoran.

«Console-toi, ma chérie, dit le maharajah, tu le retrouveras dans un monde meilleur. Avant tout, il faut rejoindre l'armée. Cette nuit le salut, et demain la vengeance.»

Tout en galopant, son cheval fit un écart qui faillit le désarçonner. Un objet informe s'élevait dans l'ombre et semblait demander grâce.

Corcoran arma son revolver.

A ce bruit sec et inquiétant, l'objet informe s'aplatit sur le sol en poussant un cri de frayeur:

«Seigneur! Grâce! Pardon! Grâce!»

Corcoran mit pied à terre.