«Qui es-tu? dit-il. Parle vite, ou je te tue.»
Déjà même, sans qu'il eût la peine de s'en mêler, Louison, enragée contre toute l'espèce humaine depuis la mort de Garamagrif, allait mettre le pauvre diable en pièces.
«Hélas! seigneur maharajah, s'écria l'autre, car à la voix impérieuse et brève de Corcoran il avait reconnu son maître, retenez Louison, ou je suis un homme mort. Je suis Baber, votre meilleur ami.
—Baber! Que fais-tu là? Où est mon armée?
—Ah! seigneur, dès qu'ils ont vu les Anglais s'avancer, la frayeur s'est répandue dans le camp.
—Et mon général Akbar?
—Akbar a essayé pendant cinq minutes de les rallier; mais on ne l'écoutait pas. Un des cavaliers qui vous accompagnaient hier au camp des Anglais a crié que vous étiez mort. A ce cri, toute la cavalerie a pris au grand trot le chemin de Bhagavapour. L'infanterie a suivi et Akbar n'a pas voulu rester en arrière. Ils doivent être à présent à trois ou quatre lieues d'ici.
—Et toi?
—Moi, seigneur!... j'ai crié de tous les côtés qu'on mentait, que vous étiez vivant, plus vivant que jamais, qu'on s'en apercevrait avant deux jours.
—Bien! Et d'où vient que je te trouve ici sur le grand chemin, à trois lieues en arrière des fuyards?