—Ah! seigneur maharajah, ces misérables étaient si pressés de fuir qu'ils ont passé sur le corps de tous ceux qui ont voulu les arrêter.

Baber poussa un grand soupir.

«Le fait est, dit Corcoran en l'examinant, que tu es cruellement meurtri, mon pauvre Baber. As-tu cependant la force de marcher?

—Pour vous suivre, seigneur, dit l'Hindou, je marcherais sur la tête et sur les mains.»

Et, en effet, grâce à la prodigieuse souplesse de ses membres, Baber parvint à se lever, et à courir pendant un quart de lieue à côté du cheval de Corcoran; mais là les forces lui manquèrent.

Corcoran se désespérait, Baber était pour lui l'allié le plus précieux, après sa chère Louison.

«Seigneur, dit Baber, tout est sauvé. J'entends le galop de deux chevaux attelés à une voiture. Ce doit être un des fourgons de l'armée. Laissezmoi faire. Mettez-vous en embuscade derrière la haie et ne venez que quand je vous appellerai.»

Le bruit se rapprochait.

Quand la voiture ne fut plus qu'à cinquante pas de l'Hindou, il éleva la voix tout en gémissant, et cria de toutes ses forces:

«Qui veut gagner deux mille roupies?»