Baber, tout en feignant de fuir et de se laisser atteindre, calculait soigneusement la distance qui le séparait de son adversaire et le regardait par-dessus l'épaule.

Quand il crut le moment venu, il se retourna et lança son noeud coulant.

Doubleface vit venir le noeud et l'évita fort adroitement. La corde, qui devait le saisir et l'étrangler, manqua le but et vint s'enrouler autour de son pied droit.

Il tomba.

Aussitôt Baber s'arrêta pour dégager sa corde et la mettre autour du cou de l'Anglais; mais Doubleface se releva promptement et lui lança un second coup de sabre, aussi inutile que le premier.

L'Indou s'était déjà mis hors de portée.

Le combat dura quelque temps sans succès marqué de part et d'autre. L'Anglais, dans un combat corps à corps, eût été d'une supériorité éclatante; mais Baber était insaisissable.

Cependant une demi-heure s'était écoulée déjà. Le soleil montait rapidement sur l'horizon, et la chaleur devenait insupportable. Baber, accoutumé dès sa naissance au climat brûlant de l'Inde, ne paraissait pas en souffrir; mais Doubleface ruisselait de sueur. Évidemment, si le combat se prolongeait encore pendant un quart d'heure, il était certain de sa défaite. Il résolut donc de faire un effort suprême.

«Lâche coquin! cria-t-il, tu n'oses pas m'attendre!»

Mais cette insulte ne parut pas émouvoir beaucoup Baber.