Sougriva tenait son ennemi; mais s'il l'avait tué, toute la troupe se serait éveillée et sa mission aurait été manquée. Il consentit donc, pour le moment, à prendre patience, se promettant bien d'ailleurs de retrouver John Robarts un jour ou l'autre.

Puis il détacha avec précaution un des chevaux qui étaient entravés, lui remit sa bride, accrochée négligemment à un arbre voisin, et pour empêcher le bruit, lui enveloppa les pieds avec des morceaux d'une couverture de feutre qui se trouva là par hasard. Ensuite il s'éloigna lentement du bivouac en tenant son cheval par la bride.

Pendant ce temps le coolie indien, qui ne le perdait pas de vue, s'approcha de lui et lui dit à voix basse:

«Quel jour?

—Bientôt! répondit Sougriva.

—Où vas-tu?

—Au camp d'Holkar.

—Veux-tu que je te suive?

—C'est inutile. Reste ici; quand j'aurai besoin de toi, je t'avertirai. La grande nouvelle arrivera avant une semaine.

—Que Siva en soit louée!» répliqua l'Indou.