Là-dessus il retourna à son poste, se coucha tranquillement près de ses camarades, et Sougriva, se mettant en selle, partit au pas d'abord, puis au petit trot, puis, quand il crut être assez loin des Anglais, au grand galop, se dirigeant vers Bhagavapour.
Il n'eut, grâce au ciel, aucun accident sur la route, et ne rencontra même personne.
Comme on s'attendait à une bataille entre Holkar et les Anglais, tous les habitants des villages situés entre le camp anglais et Bhagavapour avaient abandonné leurs maisons de peur du pillage, du meurtre, de l'incendie et de tous les autres exploits qui assaisonnent habituellement la guerre et marquent le passage des héros.
Dès que Sougriva fut arrivé aux avant-postes, on l'interrogea avec curiosité.
«Avant tout, dit-il, où est Holkar?»
On le conduisit au palais.
Le malheureux prince était à demi couché sur un tapis, mais il ne dormait pas. Depuis l'enlèvement de sa fille il n'avait eu qu'une seule pensée, et dans son désespoir il avait failli se poignarder lui-même; mais le désir de la vengeance le soutenait encore.
«Qui es-tu? dit-il en soulevant sa tête appesantie. Quel nouveau malheur viens-tu m'annoncer?
—Seigneur Holkar, dit le messager; reconnaissez-moi. Je suis Sougriva, l'ami de Tantia-Topee et le vôtre.
—Ah! Tantia-Topee! Il arrivera trop tard!.... Et d'où viens-tu, Sougriva?