Et, en effet, profitant de la distraction des Anglais, dont toute l'attention était tournée du côté d'Holkar, tous trois traversèrent heureusement l'espace découvert qui les séparait du jungle, s'engagèrent dans les broussailles, et guidés par le bruit des coups de feu, rejoignirent sains et saufs Holkar et sa cavalerie.
En revoyant sa fille délivrée, Holkar, plein de joie, la serra dans ses bras, et se tournant vers Corcoran:
«Ah! capitaine, dit-il, comment ferai-je pour m'acquitter envers vous?
—Seigneur Holkar, répliqua le Breton, aussitôt que vous aurez quelque loisir je vous prierai de chercher avec moi le fameux manuscrit des lois de Manou que l'Académie de Lyon redemande à cor et à cri: mais aujourd'hui nous avons d'autres affaires. Si vous m'en croyez, nous allons faire retraite vers Bhagavapour. L'armée anglaise doit être en marche, à l'heure qu'il est, sous le commandement du colonel Barclay; il ne faudrait pas beaucoup de temps à un officier plus actif pour nous couper la retraite..... Partez, et partez vite!...
—Et vous? demanda Holkar.
—Oh! moi, c'est autre chose.... Si vous voulez me laisser un de vos deux régiments, je vous promets d'enfermer John Robarts dans la pagode et de l'enfumer comme un renard. Ah! il voulait me fusiller, ce gentleman! Eh bien, je vais, moi, lui apprendre à vivre.»
Cette idée plut beaucoup à Holkar.
«Capitaine, dit-il à Corcoran, c'est à vous d'accompagner Sita, et à moi de couper la gorge à John Robarts!
—En toute autre occasion, j'accompagnerais Sita avec plaisir; mais aujourd'hui, je n'en ferai rien.... Robarts m'a provoqué, je suis tout à Robarts!
—Eh bien! dit Holkar, je reste.