—Au moins, ajouta Corcoran, envoyez des éclaireurs au-devant des Anglais, afin d'être prévenu de leur arrivée.»
Et, en effet, Sougriva fut chargé, avec une trentaine de cavaliers, de surveiller les mouvements de l'ennemi:
«Maintenant, dit Corcoran, que Sita monte dans son palanquin, et que l'éléphant soit retenu sous bonne garde, hors de la portée des balles, et en avant sur ce maudit Robarts!»
Animés par l'exemple d'Holkar et du capitaine qui marchaient au premier rang, les Indous s'avancèrent assez fièrement à la rencontre de l'ennemi. Celui-ci, de son côté, fit retraite.
John Robarts, dès l'arrivée d'Holkar, avait envoyé un soldat qui devait rejoindre le colonel Barclay et l'avertir du danger de son lieutenant.
Dès qu'il vit que Corcoran s'était échappé, il devina que sa position allait devenir très-critique. Aussi, sans attendre d'y être forcé, John Robarts chercha un asile dans la pagode qui avait servi de forteresse à Corcoran.
Il répara tant bien que mal les brèches que sa propre troupe avait faites. Il releva et referma la porte, entassant des meubles de toute espèce pour la barricader.
Quand les soldats d'Holkar parurent, quarante-trois carabines anglaises se montrèrent à travers les meurtrières et firent une décharge générale. Il y eut quelques morts et dix blessés parmi les Indous, et ce début fâcheux refroidit un peu leur ardeur.
«Je promets mille roupies, dit Holkar, au premier qui mettra le pied dans la pagode.»
Mais cette offre ne tenta personne. Les malheureux Indous se voyaient exposés, sans abri, à un feu terrible. Au contraire, l'ennemi était à couvert.