—Est-ce tout? demanda Corcoran.

—J'oubliais l'une des conditions principales, répliqua l'Anglais. Le colonel Barclay exige que vous remettiez entre ses mains la tigresse apprivoisée que vous menez partout avec vous, et qui est destinée (après qu'on l'aura empaillée convenablement) à faire l'ornement du British-Museum.»

A ces mots Corcoran se tourna vers Louison qui écoutait la conversation en silence:

«Louison, dit-il, ma chérie, entends-tu ce Goddam? Il veut te faire empailler.»

Au mot «empailler» Louison poussa un rugissement qui fit frémir Bangor jusque dans la moelle des os.

«Apparemment, ajouta Corcoran, vous voulez la faire fusiller d'abord?»

L'Anglais n'eut que la force de faire un signe affirmatif. Le mot «fusiller» fit bondir Louison comme si elle avait reçu trois balles dans le coeur. Elle regarda Bangor avec de tels yeux qu'il désespéra de manger jamais du bifteck, et qu'il craignit de devenir bifteck lui-même.

«Monsieur, dit-il d'un air troublé, souvenez-vous de ma qualité de parlementaire. Le droit des gens....

—Le droit des gens, répliqua Corcoran, n'est pas le droit des tigres, et Louison, si vous l'agacez encore avec votre British-Museum et votre manie d'empailler, mettra dans trois minutes votre squelette au Tigrish-Museum.

—L'Angleterre vengerait ma mort, dit Bangor avec hauteur, et lord Palmerston....