Celui-ci se présenta d'un air rogue. C'était le fameux capitaine Bangor qui s'était signalé dans la guerre contre les Sikhs, et qui avait fusillé de sang-froid, après la victoire, tous ses prisonniers. En récompense de ce glorieux exploit, la Compagnie des Indes lui avait donné de l'avancement et une somme de vingt mille roupies (environ quatre-vingt mille francs).

Corcoran le reçut avec sa politesse habituelle.

«Monsieur, dit l'Anglais, le colonel Barclay m'envoie vous offrir la paix.

—Fort bien, répliqua Corcoran. La paix est une belle chose, surtout si les conditions sont bonnes.

—Monsieur, elles sont fort au-dessus de ce que vous pouviez espérer,» dit Bangor.

Ce début fit sourire le Breton.

«Le colonel Barclay, continua Bangor, vous offre la vie et la liberté, pour vous et vos compagnons européens (si vous en avez); il ne s'oppose même pas à ce que vous emportiez vos bagages et une somme d'argent qui ne pourra pas dépasser cent mille roupies....

—Ah! ah! dit Corcoran, le colonel est bien bon, et je vois qu'il a songé au solide. Voyons la conclusion.

—La conclusion, dit Bangor, c'est qu'on voudra bien oublier la violation du droit des gens que vous avez commise en faisant la guerre à la Compagnie des Indes, vous, citoyen d'une nation neutre et amie, et que vous livrerez en vous retirant, les clefs de Bhagavapour aux troupes anglaises.