—Dans le Bombay-Times. Car ces coquins d'Anglais sont instruits les premiers de tout ce qui se fait sur l'Océan, et même ils avaient pendant quelque temps essayé de faire croire que ce Corcoran était un Anglais.

—Un Anglais! Moi! s'écria le capitaine avec indignation.

—Oui, mais l'erreur n'a pas duré longtemps. On pendit, comme vous devez le savoir, une douzaine de ces coquins de Malais.... Mais un treizième échappa pendant qu'on le conduisait à la potence, se glissa dans les rues de Singapore, y resta caché quelque temps et trouva moyen de s'embarquer sur un bateau chinois, d'où il passa à Calcutta, et de Calcutta il est venu chercher un asile ici. C'est un Indou musulman. C'est lui qui a raconté par quelle aventure il s'était rencontré face à face avec vous, et.... tenez.... le voici....»

En effet, un esclave paraissait en ce moment sur le seuil de la terrasse. C'était un homme assez grand, bien fait et même beau à la manière des Européens, mais avec des membres un peu grêles et qui indiquaient plus d'agilité que de force.

A la vue de Corcoran et surtout de Louison qui poussa un rugissement formidable, l'esclave parut prêt à fuir, mais Holkar le rappela.

«Ali! dit-il.

—Seigneur!

—Regarde bien cet étranger au teint blanc. Le connais-tu?»

Ali s'avança d'un air indécis; mais à peine eut-il regardé Corcoran, qu'il s'écria:

«Maître, c'est lui!