—Oui, mais il a emmené avec lui deux cents cavaliers de ma garde, et tous ensemble sont allés rejoindre les Anglais.
—Hum! Hum!» fit Corcoran d'un air pensif.
Et comme il vit que Holkar était fort abattu par cette trahison, il jugea nécessaire de lui rendre le courage.
«Eh bien, après tout, dit-il en souriant, ce sont deux cents traîtres de moins. Bonne affaire! Aimeriez-vous mieux qu'ils fussent avec vous dans Bhagavapour, tout prêts à vous livrer au colonel Barclay?
—Et dire, s'écria Holkar, qu'une heure auparavant j'avais reçu de si bonnes nouvelles!
—De votre Tantia Topee?
—De lui-même; écoutez-moi, capitaine.... après le service que vous m'avez rendu hier au soir, je ne puis plus avoir de secret pour vous.... Eh bien, l'Inde tout entière est prête à prendre les armes.
—Pourquoi faire?
—Pour chasser les Anglais.
—Ah! dit Corcoran, comme je comprends cette idée! Chasser les Anglais!... c'est-à-dire, seigneur Holkar, que s'ils étaient dans ma vieille Bretagne comme ils sont ici, je les prendrais un par un, au collet et à la ceinture, et je les jetterais à la mer pour engraisser les marsouins! Chasser les Anglais! mais j'en suis, seigneur Holkar, moi aussi j'en suis et je vous donnerai un bon coup de main.... Bon! j'oublie mes fonctions scientifiques et la lettre de sir William Barrowlinson.... et ma promesse de ne pas me mêler de politique tant que je serai entre les monts Himalaya et le cap Comorin. C'est égal, c'est une fameuse idée.... Et de qui vient-elle cette idée?