«Bonsoir, cher oncle. Je tourne au mélodrame; c'est vous dire jusqu'où va mon amour. Adieu, adieu. Je vous quitte pour penser à ma Claudie.

«Mettez-moi aux pieds de mon adorable tante, et soyez indulgent pour ma folie. Il est si rare et si doux de perdre le sens pour ce qu'on aime. J'en ferai quelque jour, s'il n'est déjà fait, un opéra sous ce beau titre: Il pazzo der amore. Le Fou par amour, pour faire pendant au chef-d'oeuvre de Cimarosa. Ô Claudie, étoile populaire, axe du monde, mon coeur est à toi.

«Adieu, oncle chéri. Si vous la voyiez, vous voudriez être neveu.

«À vous,

«BRANCAS.»

—Eh bien? dit Graindorge après la lecture.

—Eh bien?

—Est-il assez fou?

—Trop.

—Que faire? Je ne puis aller chez Oliveira et lui dire: mon cher, je me suis trompé. Cela n'est pas admissible. Que le diable emporte sa Claudie!