«Mon neveu, dit vivement Graindorge, m'a promis de passer la soirée avec nous chez M. Oliveira.
—Eh bien! à demain,» dit Bonsergent en partant avec sa fille.
Brancas était fort embarrassé de son rôle. Malgré sa franchise ordinaire, il ne savait comment sortir du mauvais pas où la démarche de son oncle, qu'il ne pouvait désavouer, l'avait engagé. Il est fort aisé de ne pas demander une fille en mariage; mais quand on l'a demandée et obtenue, il n'est pas poli de se retirer en disant: «Mademoiselle, je vous prie d'excuser ma distraction. Ce n'est pas votre main que je voulais demander, c'est celle de votre voisine.»
«Messieurs, dit Oliveira en se retirant avec sa fille, quelques amis me font l'honneur de venir me voir ce soir; si vous voulez être de ce nombre, vous me ferez le plus grand plaisir. On ne parlera pas politique.»
Brancas et Ripainsel acceptèrent tous deux, l'un avec quelque ennui, l'autre avec une joie qui n'échappa point aux yeux de la clairvoyante Rita. Graindorge, resté en arrière, prit son neveu à part, et lui dit:
«À nous deux maintenant. C'est ce soir qu'il faut te déclarer.
—Je me déclarerai, répondit froidement Brancas.
—Et la noce se fera dans un mois.
—Quelle noce?
—La tienne.