Toute autre mère eût été flattée des paroles du Parisien, mais Élodie fut blessée au fond du coeur qu'il n'eût d'attention que pour sa fille. Elle répondit sèchement. Brancas, étonné, regarda le secrétaire général et le vit sourire d'un air de triomphe. Il devina la pensée d'Audinet, et, pour réparer sa faute:
«C'est tout votre portrait, madame, dit-il d'un air sérieux.
—J'étais moins brune autrefois, dit Mme Bonsergent en minaudant.
—Moins brune? répondit le Parisien, est-ce possible? Les lis et les roses ne sont rien auprès de vous.»
Élodie sourit.
«C'est à ma fille qu'il faut dire ces belles choses,» dit-elle.
Effectivement, la mère de sa fille était couperosée; mais Brancas n'en voulut pas démordre.
«Avez-vous vu au Louvre le portrait de Jeanne d'Aragon?
—J'ai dû le voir, répondit Mme Bonsergent.
—C'est un des plus beaux ouvrages de Raphael, dit Brancas, et le modèle était digne du peintre. Jeanne d'Aragon a été l'une des plus belles princesses du seizième siècle. Je trouve en vous, madame, quelques-uns de ses traits et surtout cette physionomie fière et douce qui annonce la puissance et le génie.»