—Je regrette bien, dit Alice, que mon père soit resté ce soir à l'hôtel.»

Quaterquem n'eut pas le temps d'en demander la raison. Le second acte du Domino noir commençait. Pendant l'entr'acte suivant on causa de tout, et Quaterquem sut plier son langage aux opinions de la vieille Anglaise. En peu d'instants ils devinrent les meilleurs amis du monde. Le Français, toujours complaisant et poli, sut flatter délicatement ses goûts et ses préjugés. Il déploya dans toute son étendue cet art, inconnu ailleurs qu'en France, de caresser sans bassesse l'esprit le plus rétif et le plus opiniâtre. Il se donna moins de peine pour séduire Harrison, qui regardait la salle sans parler, les mains sur les genoux, les yeux fixes, bien résolu à ne pas répondre à ses avances.

Cependant le spectacle finit sans que l'amoureux Quaterquem eût trouvé un moyen de revoir sa maîtresse. Les dames se levèrent et sortirent de la loge accompagnées de Harrison. Il les regarda monter dans une voiture de place, espérant qu'il apprendrait au moins leur adresse; mais la fortune, acharnée à le persécuter, ne le permit pas. Harrison, qui se doutait de son dessein, donna l'adresse à voix basse au cocher. Cependant la voiture s'ébranlait, et Quaterquem se disposait à la suivre à pied, lorsque des cris de joie éclatèrent autour de lui.

«Le voilà!» s'écrièrent à la fois dix-sept voix.

Le malheureux se trouva pris entre ses dix-sept amis qui l'entouraient, le retenaient de force, et lui demandaient compte de sa conduite.

«Où est le punch, homme sans foi, sans consistance ni substance? dit le choeur des amis.

—Au nom du ciel, lâchez-moi! s'écria Quaterquem. Je suis pressé.

—Où est le plat à barbe de Napoléon?

—Lâchez-moi!

—Où est le ballon-omnibus?