Jamais l'Anglais ne régnera.

Chez le commissaire de police l'explication ne fut ni longue ni orageuse. Le principal adversaire de l'Anglais avait disparu. Tous les autres déclarèrent qu'ils n'avaient rien vu ni entendu, et le pauvre Hercules fut mis en liberté; mais le train était parti, et le perfide Quaterquem ourdissait tranquillement sa trame.

V

Le physicien vit entrer dans le salle d'attente Cornelius Hornsby avec sa femme et sa fille, et résista au désir violent qu'il avait de saluer Alice; mais la prudence l'emporta. Il se tourna du côté du mur, et lut avec intérêt le catalogue de la Bibliothèque des chemins de fer. Cependant il regardait la jeune Anglaise du coin de l'oeil, et il eut le plaisir de voir qu'il en était fort regardé.

Dès qu'on ouvrit la double porte de la salle d'attente, Cornelius s'avança le premier vers un wagon vide, et tout d'abord s'installa confortablement dans un coin. En face de lui était sa femme, et à côté de lui, sa fille. Une quatrième place restait vide, réservée à Hercules.

Quaterquem avança d'un air insouciant la tête dans l'intérieur du wagon.

«Entrez vite, monsieur, dit un employé en le poussant. Le convoi va partir.

—La place est gardée pour un ami, s'écria Cornelius Hornsby.

—Votre ami entrera dans un autre wagon, dit l'employé qui crut que l'Anglais usait de ruse pour ménager de la place à son manteau. Et vous, monsieur, dépêchons.»

Quaterquem se hâta d'entrer, et l'employé ferma la portière.