«Voilà donc, pensait-il, le maître de ma destinée. Par quels arguments pourrai-je le convaincre ou le toucher! Monsieur, dit-il, je ne veux pas vous cacher plus longtemps la vérité. Ce voyage est une ruse que j'ai imaginée pour vous parler librement. Le château n'existe pas.
—En vérité! dit Cornelius qui crut avoir affaire à un fou; et à quoi pensez-vous?
—Monsieur, j'aime passionnément votre fille et je vous la demande en mariage».
L'Anglais éclata de rire.
«C'est pour ce beau dessein que vous m'amenez en pleine Sologne! Cher monsieur, vous pouviez vous en épargner la peine. Primo, ma fille n'est pas à marier: secundo, quelque cas que je fasse de vos rares talents, quelque estime et même quelque sympathie que j'aie pour votre caractère, j'ai juré de ne marier ma fille qu'à un Anglais, et je tiendrai ma promesse.
—Mais....
—Voyons, monsieur, raisonnons un peu, si vous voulez. Vous aimez ma fille, dites-vous; en conscience, croyez-vous être le seul! et faut-il que je la donne en mariage au premier venu sous prétexte qu'il l'aime. Êtes-vous Anglais, d'abord?
—Non.
—Êtes-vous riche, au moins?
—J'ai mille francs dans mon portefeuille, et une invention qui peut faire la fortune d'un peuple.