—Beau-père, moi! Ah! tu peux chercher femme ailleurs, je te le garantis; beau-père! Tu comptais sur ma succession, je parie; et tu étais pressé de m'assassiner; beau-père! Il te faut un beau-père pour tirer à la cible! Et moi qui allais donner ma fille à mon meurtrier! Grand Dieu, je vous remercie de m'avoir épargné ce remords!»
Pendant ce discours, Quaterquem et son témoin, qui avaient grand'peine à s'empêcher de rire, donnaient des soins au blessé. Harrison était immobile et comme étourdi de sa disgrâce. Il tournait et retournait dans tous les sens le fatal pistolet, et oubliait complétement le duel même qui l'avait amené sur le terrain. Malheureusement, le vieil Anglais s'en aperçut.
«Eh bien! dit-il à Quaterquem, qu'attendez-vous pour continuer l'affaire? c'est à vous de tirer; faites moi justice de ce misérable qui a voulu m'assassiner!»
Harrison reprit son sang-froid, et se posta de nouveau en face du Breton, tout prêt à essuyer stoïquement son feu; mais Quaterquem désarma son pistolet et lui tendant la main:
«Mon cher monsieur, dit-il, vous pouvez partir.
—Je ne veux pas de grâce, dit l'Anglais.
—Non, pas de grâce pour cet assassin! cria Cornelius en ôtant sa botte. Brûlez-lui la cervelle comme il faut.
—Allez au diable, vieux fou! s'écria Harrison exaspéré. Pour une balle qui se trompe de chemin et qui peut-être lui a chatouillé le pied, il fait un tapage d'enfer!
—Monsieur, dit Quaterquem à Hercules, allez-vous-en; vous ferez votre paix une autre fois. Il n'est pas en état de vous entendre.
—Je ne partirai pas, répliqua l'entêté Hercules, avant que vous ayez tiré sur moi.