—Tu parles comme un livre. Allons déjeuner.»
Mme Bonsergent reçut le colonel avec la cordialité d'un vieil ami. On se mit à table, et, vers le milieu du déjeuner, les convives dont la faim était à demi calmée, commencèrent une conversation suivie.
«Vous avez fait un bon voyage? dit le colonel.
—Très-bon, répondit Mme Bonsergent, puisque, la diligence ayant roulé dans un précipice, nous n'avons perdu qu'un ou deux flacons d'eau de Cologne.»
En même temps elle raconta tous les détails de l'accident.
«Par bonheur, ajouta-t-elle, un Parisien se trouvait là, sans qui nous aurions eu peine à nous tirer d'affaire.
—Connaissez-vous ce Parisien? demanda le colonel.
—C'est un avocat, répondit Claudie, qui vient à Vieilleville pour plaider la cause de M. Athanase Ripainsel. C'est l'ami de mon amie Rita.
—Il doit venir nous voir aujourd'hui, ajouta Mme Bonsergent.
—Sous quel prétexte? demanda le major.