—Comme il vous plaira.

—Mais non! dit Brancas, revenons à la greffe, et enseignez-moi, je vous prie, monsieur, le grand art de greffer.

—On ne greffe donc pas à Paris?

—Pas beaucoup, répondit l'avocat.

—Eh! à quoi peut-on passer le temps, grand Dieu!

—Ma foi, je n'en sais rien, on parle, on crie, on vend, on achète, on fabrique, on imprime, on gouverne, on boit, on mange, on dort et l'on va au Père-Lachaise sans savoir pourquoi, ni comment.

—Oh! ce n'est pas toute la vie de Paris, je pense?

—Peu s'en faut. Vous entendrez dire quelquefois qu'il s'y fait des révolutions. C'est la querelle des gens qui impriment et des gens qui jugent, qui sabrent et qui gouvernent: grand procès plusieurs fois plaidé et qui n'est pas encore décidé. Les gens qui impriment disent pis que pendre des gens qui gouvernent: les gens qui gouvernent, de leur côté, mettent en prison et à l'amende ceux qui impriment, et les gens qui sabrent, et qui sont tout à fait impartiaux entre les uns et les autres, font pencher la balance tantôt d'un côté et tantôt de l'autre, suivant qu'il leur plaît ou qu'il plaît aux spectateurs.

—De sorte qu'il reste très peu de temps aux Parisiens pour greffer?

—Vous l'avez dit.