—Et le lieu?
—Vincennes, derrière les bosquets d'Idalie.
Les deux envoyés sortirent.
—Sais-tu te battre? dit Buridan.
—Moi! point du tout.
—Le Prussien va te découper comme une mauviette.
—Je l'en défie, dit Claude. J'ai le poignet solide, le pied leste, et du sang-froid. Ces trois choses valent bien cent leçons de Grisier.»
A trois heures, Claude, accompagné de Buridan et d'un autre témoin, arrivait au bosquet d'Idalie. Il y trouva son adversaire. Les sabres mesurés et les cérémonies d'usage terminées, les deux adversaires se mirent en garde.
Dès la première passe, les deux témoins de Claude frémirent. Seckendorf était de première force au sabre. Claude seul ne désespéra point. Il s'escrimait d'estoc et de taille, attaquant toujours avec un vivacité inouïe et ne cherchant pas à se défendre. La seule chose prudente qu'il pût faire était de ne montrer aucune prudence. Au bout d'une minute, il reçut dans la poitrine la pointe du sabre du Prussien et tomba. Le vainqueur essuya proprement son sabre sur l'herbe, endossa sa redingote et partit avec ses témoins sans prononcer une parole.
Claude s'évanouit. On le transporta chez lui.