—De mourir à votre service, interrompit Buridan. Oui, mademoiselle, des chevaliers français tel est le caractère.
—Buridan, s'écria Clause, viens ici.
Scélérat, lui dit-il tout bas, tu veux donc me faire mourir. Tu vas l'effrayer et l'obliger de partir. Je me sens de l'appétit. Va commander le déjeuner.
—Pour trois? demanda le peintre.
—Assurément.»
Buridan sortit, la belle Juliette s'approcha de Claude et lui dit d'une voix émue:
«Combien je regrette, monsieur, le malheur qui vous frappe. Je ne me consolerai jamais d'en avoir été cause.
—Mademoiselle, dit Claude voulez-vous guérir d'un seul coup ma blessure et me rendre plus heureux que je ne le fus jamais? Donnez-moi votre main.»
Juliette la tendit avec un sourire charmant. Le bon Claude la baisa avec une telle dévotion que la jeune fille rougit et alla s'asseoir près de la fenêtre.
«Je viens de l'effrayer comme un sot, pensa Claude. O malheur éternel! je l'adore, et elle ne m'aimera jamais.»