Il entra dans la cuisine et s'assit tranquillement au coin du feu.
—D'où viens-tu, camarade? lui dit amicalement l'un des marmitons.
—De faire un tour de promenade, où je me suis fort amusé; mais j'ai froid et faim. Quel est donc ce repas que tu prépares?
—Ne le sais-tu pas? C'est celui du grand Belzébuth et de toute sa cour, qui dîne avec lui aujourd'hui.
—- Ah! ah! dit Pierrot, ces grands seigneurs se nourrissent bien. Qu'est-ce qui cuit là dans ce pot-au-feu?
—C'est un gros financier, dit dédaigneusement le marmiton.
—Il est gras et dodu, dit Pierrot en soulevant le couvercle.
Une vapeur succulente de bouilli se répandit aussitôt dans toute la cuisine.
—Hélas! hélas! disait le pauvre financier, après avoir si souvent, si longtemps et si bien dîné, je sers à mon tour de pâture à ces drôles.
—Qu'appelles-tu ces drôles? dit le marmiton en colère.