—Non, voilà tout, pour le moment.
—Partons, dit alors Pierrot, et il prit congé de Sa Majesté.
Comme il traversait un corridor pour sortir, une femme de chambre de la princesse Bandoline lui toucha le bras et fit signe de la suivre.
Ce message embarrassa fort Pierrot. Il n'aimait plus la princesse, et même, suivant l'usage en pareille occasion, il se souvenait à peine de l'avoir aimée; mais il était trop poli et trop délicat pour lui dire une pareille chose en face. Cela ne se dit pas à une simple paysanne, à plus forte raison à une grande princesse, dont le principal défaut était d'être assez vaine, ce qui est pardonnable à une fille de roi, et de ne pas plaire à Pierrot. Il suivit donc la femme de chambre à contre-coeur et arriva dans l'appartement de Bandoline.
Elle l'attendait, à demi couchée sur un canapé, et lui fit signe de s'asseoir à côté d'elle. Il hésitait un peu, pressé comme il l'était de partir et d'échapper à une corvée assez désagréable.
—Asseyez-vous, lui dit-elle tristement; ce que j'ai à vous dire ne vous retiendra pas longtemps.
Il obéit.
—Pierrot, reprit-elle, d'où vient que vous ne m'aimez plus? Suis-je moins belle qu'autrefois?
—Vous êtes toujours la reine de Beauté, répondit Pierrot en détournant les yeux.
—Vous ai-je fait du tort?