—Hélas! marraine, dit Pierrot tout confus, je n'ai rien envoyé du tout.
—Eh bien! ami, comment appelles-tu cette conduite? Comprends-tu maintenant pourquoi, malgré tant de succès apparents, tu n'as pas été heureux?
—Je le comprends, dit Pierrot.
—Et tu profiteras de cette leçon dans l'avenir?
—Oh! oui, marraine.
—N'aie plus de remords, Pierrot; tes parents n'ont pas souffert de ta négligence. Je veille sur eux, je leur donne ce qui est nécessaire, et je leur laisse croire que c'est toi qui l'as envoyé.
—Oh! marraine, comment ai-je pu mériter tant de bontés? dit Pierrot en lui baisant les mains avec tendresse.
—Tu les mériteras un jour, dit la fée. Pékin n'a pas été construit en une heure. Tu es né vaniteux, oublieux, ingrat comme tous les enfants des hommes. Plus tard, tu seras bon et bienfaisant comme les enfants des génies.
—Grâce à vous et à votre protection, marraine, dit l'heureux Pierrot.
—Grâce à ma protection, si tu veux, qui t'a été plus utile encore que tu ne penses.