—Je n'ai rien introduit, dit Pierrot; donnez-moi la paix!

Cependant, se souvenant des recommandations de la fée, il se laissa fouiller. On ne trouva rien dans ses poches. Il se crut libre, quand le douanier, se ravisant:

—De quelle étoffe, dit-il, est votre manteau à capuchon?

—De grosse laine, dit Pierrot.

—Justement, reprit le douanier, c'est ce que j'avais deviné.

—Et qu'as-tu deviné?

—La laine, seigneur, est défendue dans la ville de Nankin, par égard pour nos manufacturiers, qui fabriquent des étoffes moins commodes et plus chères. Ayez la bonté de nous donner votre manteau et de payer l'amende.

—Je ne donnerai rien et ne payerai rien, dit Pierrot. Je ne veux pas me promener dans les rues en manches de chemise. Ce serait peu convenable. Quant à l'amende, je ne dois pas la payer, puisque j'ignorais la loi.

—Nul n'est censé ignorer la loi, dit sentencieusement le douanier.

—Pas même les étrangers? demanda Pierrot.