Je lui demandai tout bas:

—Que fais-tu là? Ce n'est pas ta place. Veux-tu faire un scandale?

Il me répondit tranquillement:

—J'ai le droit, comme tout le monde, de regarder la cérémonie... et je regarde.

Cependant, malgré sa tranquillité apparente, j'étais frappé de sa pâleur et de la fixité de son regard. Évidemment il était très ému. Je me rapprochai de lui pour le soutenir ou le contenir au moment fatal.

Enfin toute la noce entra, le père Forestier et sa fille en tête, et les autres, chacun suivant son grade ou le degré de parenté.

Le maire, qui était en habit noir et en cravate blanche, ouvrit sa tabatière, se bourra le nez de façon à couvrir sa chemise de grains de tabac, se moucha fortement, posa son mouchoir à carreaux bleus sur la table comme en-cas, et commença à lire la formule de la loi.

Là, tous les cœurs battaient un peu. On regardait Michel avec étonnement et avec inquiétude. Lui-même ne regardait qu'Hyacinthe. Il pâlissait et rougissait de minute en minute.

Pour elle, sans le regarder, les yeux baissés, elle attendait modestement la question suprême:

Consentez-vous à prendre pour mari, etc.. etc.