—Chez M. Bouchardy, ton patron, qui le fera venir sous un prétexte... Toi, cher ami, va faire imprimer et coller mon affiche sur tous les murs.

XXVII

CONCLUSION

Le lendemain; dans l'après-midi, papa Forestier, la tête basse, l'air inquiet et préoccupé, se parlant à lui-même et faisant des gestes, parut au bout du jardin de M. Bouchardy.

Mais, dans l'intervalle, le plan de bataille de Michel avait été changé. C'était à moi de soutenir le premier et principal choc, à lui d'emporter la victoire et d'en recueillir le fruit.

Mon patron, qui était dans la confidence de Michel, était sorti tout exprès pour me laisser seul avec le député.

Je fis ses excuses en son nom, cela va sans dire, alléguant une affaire pressée et qu'il n'aurait pu remettre, sans grave préjudice pour ses clients. J'eus soin pourtant d'ajouter qu'il allait rentrer «d'un instant à l'autre», afin de retenir le poisson accroché à la ligne.

Au reste, M. Forestier lui-même n'était pas fâché de trouver ce prétexte pour causer avec moi, qu'il savait l'intime ami de Michel et le dépositaire de ses secrets. Il s'y prit donc finement et, tout en feignant de bâiller pendant que je faisais de mon côté semblant d'écrire, il me dit d'un air goguenard:

—Vous vous mêlez donc aussi de politique, Trapoiseau?