—Eh bien, prenez-la, je vous la donne...
Michel se jeta dans ses bras en s'écriant:
—Ah! vous serez vraiment mon père!
M. Forestier ajouta:
—Ah! mais, minute!... D'abord les conditions du contrat seront les mêmes qu'autrefois, excepté pour votre belle-mère qui, je vous en réponds, ne donnera pas un centime, même de revenu...
—Qu'importe? répliqua fièrement Michel.
—Il importe beaucoup, mon jeune ami; vous vous en apercevrez plus tard quand vous aurez des enfants... De plus, écoutez-moi bien!... Au lieu d'être mon adversaire aux élections, vous serez mon principal avocat et soutien.
—Ah! dit Michel, mes amis veulent avoir un député républicain.
—Eh bien, et moi? Me prenez-vous pour un mollusque ou pour un crustacé? Je suis républicain, mon cher ami, et de la plus pure farine... Vous allez me dire—je le lis dans vos yeux,—que j'étais bonapartiste au Corps législatif de l'empire... eh bien, qu'est-ce que cela prouve?... Mes électeurs voulaient Bonaparte, alors je faisais comme eux... Maintenant ils veulent la République, c'est donc mon devoir de voter pour elle... Enfin je m'y engage, et dès demain je vais écrire à tous les journaux mes regrets de n'avoir pas été à Versailles le jour du vote des 363. J'aurais été le trois cent soixante-quatrième. Êtes-vous content?
—Oui, dit Michel.