—Ce n'est pas moi qui te lâche, Pitou, c'est toi qui me lâches; et l'on dira dans tout l'univers, quand on saura ce qui s'est passé: «Ce n'est pas Dumanet qui a lâché Pitou, en face du lion, c'est Pitou qui a lâché Dumanet.»

Pitou serra les poings.

«Alors, ça serait donc pour dire que je suis un lâche, Dumanet! Ah! vrai! je n'aurais jamais cru ça de toi.

—Mais non, Pitou, tu ne seras pas un lâche, mais un lâcheur; c'est bien différent.»

Il se jeta dans mes bras.

«Ah! tiens, Dumanet, c'est toi qui n'as pas de cœur, de dire de pareilles choses à un ami!

—Alors tu viens avec moi?

—Pardi!»

A ce moment, un bruit qui ressemblait à celui du tonnerre se fit entendre dans la vallée, du côté de la montagne. La veuve Mouilletrou, toujours pressée de fermer sa porte, nous dit:

«Ah çà, voyons, entrez-vous ou sortez-vous, paire de blancs-becs? Vous n'entendez donc pas le rugissement du lion?»