En effet, c'était bien ça.
«Pour lors, dit Pitou, rentrons.»
Mais il était trop tard. La mère Mouilletrou avait fermé sa cambuse et ne l'aurait pas rouverte pour trente sacs de pommes de terre.
Alors je dis:
«Pitou, le gueux va descendre. Allons chercher nos fusils à la caserne.»
Il me suivit. Nous chargeâmes nos fusils et nous remontâmes jusqu'au bout du village. On n'entendait plus rien, rien de rien, oh! mais! ce qui s'appelle rien. Le gueux, qui avait fait peur à tout le monde, ne disait plus rien. Quant aux hommes, aux femmes et aux autres bêtes, ils ne remuaient pas plus que des marmottes en hiver.
Alors Pitou me dit:
«La nuit va venir, Dumanet... Rentrons!»
Je répondis:
«Pitou, le sergent nous a vus charger nos fusils pour tuer le lion. Si nous rentrons sans l'avoir tué, on dira: «Ce Pitou, ce Dumanet, ça fait de l'embarras; ça veut tuer les lions comme des lapins, et ça revient au bout d'un quart d'heure; ça se donne pour des guerriers de fort calibre, et c'est tout bonnement des farceurs, des propres à rien, des rien du tout, des rossards, quoi!» Et nous serons déshonorés.»