Pitou soufflait comme un phoque, mais il ne disait rien.

Je l'entrepris encore:

«Pitou, ça ne te ferait donc rien d'être déshonoré?

—Ah! tiens, ne me parle pas de ça, Dumanet! Ça me fait monter le sang aux yeux. Déshonorés, moi Pitou et toi Dumanet! Et la mère Pitou, tu ne la connais pas, mais je la connais, moi! Et c'est une brave femme, va! La mère Pitou, qui m'a nourri de son lait quand je ne lui étais de rien.—car ma mère est morte le jour de ma naissance, et mon père, qui s'appelait Pitou, n'était qu'un cousin germain, et il est mort trois mois auparavant en coupant un arbre qui lui tomba sur la tête et le tua raide,—la mère Pitou dirait: «Il s'est déshonoré, mon Pitou, mon petit Pitou que j'aimais tant, que j'avais élevé avec les miens, que je voulais donner en mariage à ma petite Jeanne, quand il serait revenu d'Alger et qu'il aurait pris Abd-el-Kader!» Ah! tiens, Dumanet, ce n'est pas beau ce que tu dis là, et si ce n'était pas toi, oh! si ce n'était pas toi!...»

Il serrait les poings et il avait envie de pleurer.

Je lui dis:

«Tu vois bien, Pitou, tu ne pourrais pas vivre si tu étais déshonoré!

—Eh bien, qu'est-ce qu'il faut faire pour ne pas être... ce que tu dis!»

Je répliquai:

«Pitou, le lion nous attend, c'est certain. La preuve, c'est qu'il ne dit plus rien.