Mais nous n'allâmes pas bien loin. A une demi-lieue, dans la vallée, presque au même endroit où nous nous étions rencontrés la veille, Ibrahim s'arrêta tout à coup et s'écria:
«Le voilà! le voilà!»
A ce cri, Pitou arma son fusil. J'armai pareillement le mien, et nous regardâmes devant nous.
Pitou était calme comme à la parade. Moi, j'étais... comment faut-il dire? j'étais content, si vous voulez, puisque j'étais venu là pour rencontrer le lion et que j'allais le rencontrer. Cependant je pensais aussi qu'il y a des moments dans la vie qui sont plus agréables les uns que les autres; et si le capitaine Chambard avait été là avec tous ses amis, eh bien, j'aurais partagé volontiers avec lui le plaisir de tuer le lion.
VI
PITOU ET DUMANET DÉLIBÈRENT
Quant à l'Arabe, il avait l'air content, il avait l'air effrayé, il avait l'air transporté de quelque chose que je ne pouvais pas deviner, comme qui dirait d'une envie de pleurer et d'une envie de rire, d'une envie de chanter et de danser, et aussi d'une autre envie d'arracher son burnous et de le déchirer en charpie.
«Où est-il?»
L'Arabe montra du doigt quelque chose à terre et répondit: