Je répondis:

«Pitou, si le seigneur lion, au lieu de ses petits et de leur mère, avait à côté de lui ses trois frères, ses deux beaux-frères, ses quatre tantes, ses cinq cousines et trente cousins, et s'ils venaient tous en procession sur cette route, Dumanet fils les attendrait baïonnette en main et leur ferait voir ce que c'est qu'un fusilier du 7e léger. On est de Dardenac, canton de Libourne, mille millions de marmites! ou l'on n'en est pas; et quand on est du canton de Libourne, on n'a pas le cœur d'une moule! Qu'en penses-tu, Pitou?»

L'ami Pitou répondit:

«Je pense ce que tu penses, Dumanet! Pourquoi donc est-ce que je voudrais penser subséquemment quand tu as pensé précédentement? J'aime bien mieux obtempérer tout de suite.»

C'est comme ça qu'il était toujours, l'ami Pitou. Quand j'avais parlé le premier, il obtempérait subséquemment; si j'avais parlé le second, il obtempérait encore; mais alors c'était à mon tour de le désobtempérer.

Je lui dis encore:

«Tiens, Pitou, tu n'as pas d'esprit...»

Il répliqua bonnement:

«Ça, c'est vrai. Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse?»

Alors, pour le consoler, parce que je croyais que ça le rendait malheureux de n'avoir pas d'esprit, je repris: