«Que veux-tu?»
Je me jetai à genoux devant lui en joignant les mains.
«Père, pardonne-moi!
—Rentre! dit-il d'une voix qui me parut toute changée. Rentre!»
Je n'osai lui désobéir et je retournai dans ma chambre.
Le lendemain, en ouvrant la fenêtre au point du jour (je ne m'étais pas couchée), je le vis encore sur son rocher et dans la même position où je l'avais laissé le soir. Il avait les yeux fixes et la figure horriblement pâle.
La cloche de l'atelier sonna. C'était l'heure où tous les ouvriers descendent et vont travailler. Il se leva machinalement, prit sa hache, et parut prêt à descendre; puis, tout à coup, il fit un geste comme une personne accablée, jeta sa hache dans le jardin, sortit et s'en alla dans la campagne.
Le soir, il ne reparut pas, ni le lendemain, ni le troisième jour. Je me sentais tourmentée de remords horribles, je commençais à craindre qu'il ne se fût tué, et j'allai prier la mère Bernard de le faire chercher partout.
Quand j'entrai chez elle, je n'y trouvai que le vieux Bernard.
«Ma femme m'a tout raconté, dit-il. Viens ici, Rose.»