Pendant ce temps, Jean-Paul pensait à tout autre chose. Un soir, comme je m'en allais après la leçon, il me retint par le bras, et me fit signe qu'il avait quelque secret à me dire. Moi, toujours simple et bien éloignée de croire qu'on pût s'occuper de moi, je restai et je m'assis.
Jean-Paul ferma la porte et s'assit en face de moi.
«Rose-d'Amour, la bien nommée, dit-il, comment me trouves-tu?»
Je crus qu'il voulait rire.
«Très joli garçon,» lui dis-je.
Il secoua la tête.
«Non, non, ce n'est pas cela que je te demande, Rose. Parle-moi sérieusement, et regarde-moi bien... Écoute, j'ai vingt-six ans, cent francs d'économies et le mobilier que voilà; je t'aime à la folie. Veux-tu m'aimer?
—Est-ce que tu vas m'insulter, Jean-Paul?» lui dis-je d'un air triste.
Je me sentais venir les larmes aux yeux.
«T'insulter? moi! Rose-d'Amour! moi, t'insulter! As-tu pu le croire? Je te demande si tu veux te marier avec moi?»