—Je ne m'en suis pas vanté, répondit Matthieu.

—Eh bien! on l'a dit, et tu n'as pas dit le contraire.

—Ce n'est pas à moi à faire taire les langues.

—Voyons, dit Bernard, qui commençait à s'échauffer, as-tu été aimé d'elle, oui ou non?

—De quel droit fais-tu cette question? demanda Matthieu avec un grand sang-froid.

—Je devais l'épouser, et j'ai d'elle une fille. J'ai le droit de savoir si celle que je veux épouser est digne de moi.

—Et quelle preuve as-tu que je vais dire la vérité? Va, laisse parler les femmes. Épouse Rose, si cela te fait plaisir, et ne l'épouse pas si cela t'ennuie; mais ne va pas t'inquiéter et te tourmenter la cervelle pour savoir ce qu'elle a fait en ton absence.

—Ainsi, tu refuses de répondre?

—Je refuse.

—Défends-toi, car je vais te briser le crâne.