Et des baisers plus vifs, plus pressés, répondaient à ces cris. Les bras enlacaient plus fort, les deux corps n'en faisaient qu'un.
"G. Fanny, à moi! à moi tout entière! viens! voila ma vie.
Tiens!…. c'est du plaisir…. comme tu trembles, enfant….
Ah! tu cèdes….
"F: — C'est mal! C'est mal! vous me tuez.. ah!…. je meurs.
"G. — Oui, serres-moi, ma petite, mon amour. Serres bien; plus fort. Qu'elle est belle dans le plaisir!… Lascive!… tu jouis, tu es heureuse… oh! Dieu!
Ce fut alors un spectacle étrange. La Comtesse, I'oeil en feu, les cheveux épars, se ruait, se tordait sur sa victime que les sens agitaient à son tour. Toutes deux se tenaient, s'étreignaient avec force. Toutes deux se renvoyaient leurs bonds, leurs élans, étouffaient leurs cris, leurs soupirs dans des baisers de feu.
Le lit craquait aux secousses furieuses de la Comtesse.
Bientôt épuisée, abattue, Fanny laissa tomber ses bras. Pâle, elle restait immobile comme une belle morte.
La Comtesse délirait. Le plaisir la tuait et ne l'achevait pas. Furieuse, bondissante, elle s'élança au milieu de la chambre, se roûla sur le tapis, s'excitant par des poses lascives, bien follement lubriques, provoquant avec ses doigts tout l'excès des plaisirs….
Cette vue acheva d'égarer ma tête.
Un instant, le dégoût, l'indignation m'avaient dominé; je voulais me montrer à la Comtesse, l'accabler du poids de mon mépris. Les sens furent plus forts que la raison. La chair triompha superbe, frémissante. J'étais étourdi, comme fou. Je m'élançai sur la belle Fanny, nû, tout en feu, pourpré, terrible. Elle eut à peine le temps de comprendre cette nouvelle attaque que, déjà triomphant, je sentais son corps souple et frêle trembler, s'agiter sous le mien répondre à chacun de mes coups. Nos langues se croisaient brûlantes, acérées, nos âmes se fondaient dans une seule.