OCTAVE.
Oui, vous avez raison, je sais tout le tort que mon amitié peut faire. Je sais qui je suis, je le sens; un pareil langage dans ma bouche a l'air d'une raillerie. Vous doutez de la sincérité de mes paroles; jamais peut-être je n'ai senti avec plus d'amertume qu'en ce moment le peu de confiance que je puis inspirer.
MARIANNE.
Pourquoi cela? vous voyez que j'écoute. Cœlio me déplaît; je ne veux pas de lui. Parlez-moi de quelque autre, de qui vous voudrez. [Choisissez-moi dans vos amis un cavalier digne de moi; envoyez-le-moi, Octave. Vous voyez que je m'en rapporte à vous.]
OCTAVE.
Ô femme trois fois femme! Cœlio vous déplaît,—mais le premier venu vous plaira. L'homme qui vous aime [depuis un mois], qui s'attache à vos pas, qui mourrait de bon cœur sur un mot de votre bouche, celui-là vous déplaît! il est jeune, beau, riche et digne en tout point de vous; mais il vous déplaît! et le premier venu vous plaira.
MARIANNE.
Faites ce que je vous dis, ou ne me revoyez pas.
Elle sort.
OCTAVE, seul.