Est-ce une raison pour ne pas la dire?

ROSEMBERG.

Non, je le vois! vous m'avez deviné. Ces beaux yeux ont lu dans mon cœur, qui se trahissait malgré moi. Je ne saurais vous cacher plus longtemps un sentiment plus fort que ma raison, plus puissant même que mon respect pour vous. Apprenez donc à la fois, comtesse, et ma souffrance et ma folie. Depuis le premier jour où je vous ai vue, j'erre autour de ce château, dans ces montagnes désertes!... L'armée, la cour ne sont plus rien pour moi; j'ai tout quitté dès que j'ai pu trouver un prétexte pour approcher de vous, ne fût-ce qu'un instant. Je vous aime, je vous adore! voilà mon secret, madame; avais-je tort de vous supplier de ne pas m'en punir?

Il met un genou en terre.

BARBERINE, à part.

Il ne ment pas mal pour son âge.

Haut.

Vous aviez, dites-vous, la crainte d'être puni;—n'aviez-vous pas celle de m'offenser?

ROSEMBERG, se levant.

En quoi l'amour peut-il être une offense? Qui est-ce offenser que d'aimer?